n° 9

L'amitié.

Le journal Itinéraires.

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La Rencontre nationale de Chrétiens en Grande École.

Ce texte a été écrit par Marianne Dugert en février 1999.

Cette année, la Rencontre nationale a eu lieu à Marne-la-Vallée les 23 et 24 janvier 1999, réunissant près de sept cents étudiants et aumôniers de toute la France. Avec le pèlerinage de Chartres, c'est un des grands moments de l'année pour les communautés chrétiennes des Écoles.

Le thème de cette Rencontre nationale CGE était "Invités au bonheur". Le samedi après-midi nous étaient proposés différents ateliers - conférences dont l'un d'entre eux était intitulé : "Face au mal, quel bonheur ?" C'est celui que j'ai choisi, pour le paradoxe...

Le mal est un mystère, c'est-à-dire qu'on ne pourra jamais le comprendre, mais on ne finit jamais de s'interroger à son sujet et d'avancer toujours plus en profondeur dans la découverte et la compréhension de son sens, de ce qu'il implique.

Voici en quelques mots les paroles de Monseigneur Aumonier, qui m'ont frappée. Il est vain de vouloir connaître l'origine du mal. C'est une mauvaise question qui ne fait que rajouter du malheur au malheur. Face au mal, l'homme doit accepter de ne pas comprendre et entrer dans une autre démarche, celle de s'interroger sur son propre regard sur le monde, de se demander ce qu'il fait pour lutter contre lui. L'essentiel est d'agir là où l'on est : il n'est pas nécessaire de partir loin.

DIeu refuse le mal, il n'en est pas à l'origine. Tout au contraire, il vient en libérer l'homme, il vient l'aider à traverser les épreuves de souffrance auxquelles il est confronté. Le Christ lui-même a connu la souffrance. En particulier, juste avant d'être crucifié, il a tenté de refuser la mort devant l'angoisse de l'innocent condamné, mais s'y est exposé. Ainsi, par toute sa vie, le Christ vient rejoindre l'homme dans sa souffrance.

La conférence de Monseigneur Aumonier a été suivie du témoignage d'un prêtre, aumônier de la prison de Bois d'Arcy. Le mal auquel sont confrontés les prisonniers est la souffrance qu'ils connaissent à l'intérieur d'eux-mêmes du fait de leur enfermement. Chacun d'entre eux aspire à une lumière (c'est-à-dire qu'ils veulent s'en tirer) même s'ils ne savent pas la nommer. Le premier à se trouver à côté du Christ au paradis est un truand qui a fait la vérité en lui-même, nous dit l'Évangile. C'est une parole très forte pour les prisonniers.

Mais alors, où est le bonheur ? Le bonheur est de devenir pleinement soi-même grâce aux autres et sous le regard de Dieu dans les moments de joie comme dans les moments où l'on est confronté à la souffrance. Par son action, ce prêtre tente de rendre les prisonniers heureux.

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Dernière mise à jour : 8 juin 1999.