n° 6

La communauté.

Le journal Itinéraires.

Annuaire des membresBoîte à outilsItinérairesProgramme des activités

 Article précédent     Article suivant 

Quelque part en Bourgogne : La communauté de Taizé.

Article écrit par Axelle Bladier en juin 1994.

Certainement beaucoup d'entre vous ont déjà entendu parler de la Communauté de Taizé. Les bruits les plus joyeux se répandent à son égard : on a de Taizé l'image d'un gai rendez-vous de gentils "babas-cools", plutôt chrétiens, de toutes confessions (cathos, protestants, orthodoxes, anglicans...) et de tous pays. Cheveux longs, guitare et gros sacs à dos font, eux aussi, partie du mythe.

Assurément, il n'y a pas de fumée sans feu, et pourtant... le saviez-vous ? Derrière ces allures bigarrées se cache à Taizé une communauté de moines, les frères de Taizé, qui, lorsqu'ils ne sont pas en train d'accueillir lesdits jeunes gens, passent leur vie en silence, en prière. Les frères vivent selon la règle de Taizé, fondée sur le célibat et le partage des biens. La communauté ne vit que du travail des frères, et n'accepte aucun don ni héritage. Sa vocation est d'accueillir des jeunes chrétiens du monde entier pour réaliser un "pèlerinage de confiance sur la Terre". Chaque semaine, toute l'année, des rencontres sont organisées autour d'un thème central : vie intérieure et solidarité humaine, comme être créateur de paix, de réconciliation au quotidien.

En restant quelques temps à Taizé, très vite, on découvre la face cachée du mythe. C'est la prière qui rythme la journée de la communauté : il y a trois prières communes, chaque matin, midi et soir. La prière est comme un souffle où tous se retrouvent. L'été, il y a parfois jusqu'à six mille personnes dans l'église. On y chante dans chaque langue. Depuis l'ouverture des pays de l'Est, on a appris à chanter en polonais : Pan jest moca swojego ludu, en russe : Gospodi pomiluj, en tchèque : Raduj te se ! et en bien d'autres langues encore... À Taizé, l'église s'appelle l'église de la Réconciliation. Chaque matin, ceux qui le désirent peuvent communier à l'Eucharistie tandis que d'autres choisissent le pain béni. Il est aisé de se laisser porter par la prière de la communauté : quand des personnes si différentes se réunissent pour prier, on ressent comme quelque chose de l'Église universelle.

À Taizé, le silence est très important. Il est au cœur de la prière commune. Les frères prennent tous leurs repas en silence, et les jeunes qui le désirent ont aussi la possibilité de le faire. Qu'est-ce qu'un repas en silence ? Un repas où l'on se tait, où l'on n'entend que des "slurps" et des "miams" ? Le repas en silence, c'est un moment qui réunit la communauté autour d'un partage tant matériel que spirituel : c'est un moment de repos, de détente (avec parfois de superbes gags), et surtout un moment de prière. Le repas, c'est vraiment un temps fort de communion, de louange.

À Taizé, on ressent bien qu'une communauté, c'est ce qui rassemble des personnes fort différentes qui parviennent à partager, à communier à travers leur diversité. Et je crois que c'est de là qu'une communauté tire sa richesse.

 Article précédent     Article suivant 

email Le forum  
Dernière mise à jour : 8 juin 1999.